Ma filleule, Fedora Szechenyi, autrichienne et historienne d’art, était de passage à Paris pour quelques jours. Elle est venue me présenter son mémoire sur un merveilleux peintre et dessinateur de la fin du XVIIIème siècle, Jean-Baptiste Debret (pour découvrir la biographie de JB Debret, cf l’excellent article rédigé pour le catalogue de l'exposition Brasiliana organisée par l'Alliance Française et le Musée d'Art de Fribourg (Suisse) en avril 2000 http://www.capoeira-palmares.fr/articles/debret.htm).
J’ai connu Jean-Baptiste Debret bien évidemment par ses carnets de croquis Voyage Pittoresque et Historique au Brésil http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Debret. Mais ce qui est moins connu et pratiquement inédit est un carnet de dessins mythologiques (collection privée Carelli), réalisé en collaboration avec Percier, que Fedora a pu étudier et resituer dans le contexte de l’époque[1].
L’exposition « Les symboles du pouvoir sur l’Empire », ne pouvait pas tomber plus à propos puisque nous avons ainsi pu voir tout à loisir le travail de Percier et Fontaine et retrouver dans les objets décoratifs présentés (meubles, sculptures, porcelaines, dessins d’architecture) échos et clins d’œil avec le carnet de dessins de Debret.
Voici la recension critique de l’exposition par Fedora Szechenyi.
« Jusqu’au 5 octobre 2008, au Musée des Arts décoratifs, a lieu une très belle exposition sur Napoléon I et les symboles des pouvoirs sous l’Empire. On y trouve réuni de tous les lieux représentatifs de cette époque - si importante pour la France - des objets d’arts décoratifs clairement présentés par thème.
En parcourant l’exposition on rencontre différents motifs réutilisés de l’Egypte, de la Grèce et de l’Italie – usage commun dans ce temps - et l’on est très bien informé sur les différents symboles de l’Empire comme l’abeille, l’aigle, le papillon, le cygne, d’où ils proviennent et dans quelles circonstances ces objets étaient utilisés. Dans une salle de projection située à la fin de l’exposition, on peut découvrir des projets de Percier et Fontaine, réunis et publiés sous le titre « Recueil de décorations intérieures, comprenant tous ce qui a rapport à l’ameublement ».
Un aspect que je trouve très intéressant et qui de mon point de vue n’a pas été assez démontré, est le lien que ces deux architectes avaient avec toute l’exposition, étant eux-mêmes les fondateurs et les principaux représentants du style Empire. Comme le site web du musée des arts décoratifs http://www.lesartsdecoratifs.fr/fr/01museeartsdeco/napoleon/page01.html le souligne, à part les objets qui proviennent du musée lui-même, de nombreux objets ont été empruntés pour cette exposition dans les lieux les plus importants du style Empire : les châteaux de Fontainebleau, de la Malmaison, de Versailles et de Compiègne, etc. Dans tous ces endroits que je viens de citer, Percier et Fontaine étaient les responsables principaux pour les travaux de réaménagement.
Leur importance aurait pu être un peu plus accentuée, sachant qu’ils ont conçu et réalisé la plupart des projets prestigieux d’architecture et de décorations de l’Empire en France. D’autant, et ce fait est souvent ignoré, que beaucoup de leurs projets n’ont pu surmonter le temps. Il en est ainsi de beaucoup d’hôtels particuliers, du réaménagement du château des Tuileries dans le jardin des Tuileries ou du château de Saint-Cloud, ces deux derniers ayant été détruits en 1871 au cours de l’insurrection de la Commune. De nombreux autres projets n’ont jamais eu la chance d’être réalisés pour des raisons financières et la chute de Napoléon. Ainsi le projet de rattacher le Louvre avec le Château des Tuileries ou la construction d’un très grand château pour le roi de Rome à Chaillot. Enfin, j’aurais évidemment apprécié qu’il soit fait mention que cette aile du Louvre où l’exposition a précisément lieu, a été dessinée par Percier et Fontaine.
En résumé, cette exposition familiarise et informe parfaitement sur les symboles de l’ère napoléonienne. Un lien plus explicite avec Percier et Fontaine l’aurait rendue à mes yeux encore plus parfaite ! »
[1] Zweiundzwanzig mythologische Zeichnungen von Jean-Baptiste Debret (1768-1848) Ein Zusammenarbeit mit Charles Percier (Vingt-deux dessins mythologiques de Jean-Baptiste Debret (1768-1848). Un travail commun avec Charles Percier), Fedora Szechenyi, Avril 2008
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